lundi 9 novembre 2015

Népal #3 Le tour des Annapurnas 1ère moitié

Je pars donc enfin de Pokhara pour le tour des Annapurnas qui permet comme son nom l'indique, de contourner ce massif composé d'innombrables pics de plus de 7000m et culminant a 8091m, 10ème plus haut mondial.

On attaque par un bus Pokhara/Besishahar, point de départ officiel. Je poursuis pour ma part avec un second bus pour Bhulbhule pour éviter cette première portion encore trop carrossable. Depuis plusieurs années, une piste pour 4x4 dans le meilleur des cas suit le parcours du trek soit remplace carrément le sentier. Le désenclavement de ces vallées se fait malheureusement au détriment de la beauté du trek (et des villages du début du parcours qui ne voient plus passer personne).


Le début du parcours est en dessous de 1000m d'altitude, la végétation, le long de la Marsyandi que nous allons longer un moment, est donc assez dense (et certaines mauvaises herbes assez odorantes) et les températures très clémentes.


La vallée est encaissée, on ne voit pas encore grand chose au niveau montagne.
Les locaux sont charmants mais les échanges limités, le circuit habituellement trop couru ne doit pas aider. Les enfants sont par contre bien curieux et tous magnifiques.


Techniquement et physiquement ce n'est pas pour l'instant difficile, en 3 jours j'arrive a Chame. A 2700m, là ça commence à cailler et le poêle dans la salle de vie se fait vite indispensable dès que le soleil disparaît. Les montagnes commencent à se montrer à notre plus grand bonheur.
Il se met par contre à pleuvoir pendant la nuit et ça n'a pas l'air de vouloir s'arrêter au matin. Finalement, je resterai toute la journée à la guest house avec les autres trekkeurs qui ne sont pas plus pressés que moi.
A la tombée de la nuit on voit débarquer 2 Italiens trempés jusqu'aux os avec qui je mangerai mon traditionnel Dal Bhat (repas typique composé d'une montagne de riz,soupe de lentilles,divers légumes cuisinés...remplissage de l'assiette illimité).


Depuis Chame, je rejoins ensuite la variante d'Upper Pisang, plus haute en altitude ce qui permet de prendre un peu d'avance sur l'acclimatation théoriquement à effectuer à Manang.
On commence à avoir des sacrés panoramas, la végétation est nettement moins fournie et les températures continuent a chuter, on est à 3700m. Malgré tout, afin de garder du potentiel thermique pour la suite, je parviens à ne toujours pas sortir collants/doudoune du sac.


Arrivée ensuite à Manang, qui devient assurément le premier point de passage incontournable du parcours.
Ce n'est pas non plus la foule mais toutes ces guest houses alignées à l'entrée d'un village pas moche à l'origine me font un peu déchanter et regretter la quiétude des patelins traversés les derniers jours.
Les 3 salles de projections et la salle de snooker seront la goutte d'eau qui me feront décider à ne pas rester la 2ème nuit d'acclimatation théorique malgré la 1ère douche chaude. Pour l'anecdote je rencontre un Coréen pendant le dîner qui écrasera une pilule pour le rhume pour la prendre comme un rail de coke. Avec sa thermos affublée d'un jolie sticker "Fuck I am famous like David Guetta" je déclinerai avec embarras sa proposition de marcher ensemble pour la suite...


Je pars donc dès le lendemain en direction du Tilicho Lake. J'arrive au camp de base perché à 4150m après une nuit en cours de route et une traversée lunaire limite dangereuse.
Montée matinale au lac avec le troupeau, il faut monter à 4990m et ceux ayant négligé l'étape acclimatation le payent bien vite.
Cette fois-ci la pente est quand même bien raide et, à cette altitude, la respiration limite sacrément la progression. Je retrouve au lac Francesco, barcelonais rencontré la veille dans le dortoir du camp de base que nous avons partagé avec... le néo cocaïnomane Coréen.
L'arrivée au lac est glaciale mais magnifique.


On s'entend pas mal avec Xesco et on décide de continuer ensemble.
Nous atteignons Thorung Phedi 4450m, notre dernière étape avant le col de Thorung La, après 2j riches en émotions (douche avec une bouilloire d'eau chaude dans une salle de bain frigorifiée avec caleçon sale en guise de gant de toilette dont l'utilité m'a dans ce cas là sautée aux yeux, traversée de troupeaux de yaks impassibles après avoir lamentablement tenté un raccourci dans une côte, descentes en mode glissade dans la neige, réveils les matins en retrouvant les vitres givrés et l'eau du seau des toilettes congelés).


Nous passons la soirée à jouer aux cartes avec deux Australiennes et un Allemand (qui vit en Suisse au pied du mont Cervin) mais la neige qui commence à tomber n'est pas très rassurante la veille du passage du col où 43 personnes sont mortes l'an dernier lors d'une tempête.
J'ai vu les étoiles en allant pisser dans la nuit mais à 5h30 il s'est remis à neiger. On déjeune donc pas très décidés, mais voyant que tous les groupes sont bien parti comme prévu, dont le groupe de retraités français, l'honneur prend le dessus et on se met tout de même en route à 6h30 (les groupes partent à 4h mais il ne nous semble pas que ce soit indispensable et nos exploits systématiques lors de nos départs en frontale cet été avec Olivier et Coco sur le gr20 m'ont vaccinés).
On atteint le high camp, 4850m, et on voit que le soleil n'est pas très loin derrière les nuages. La confiance revient un peu et on enchaîne donc en direction du col avec les derniers réticents du high camp.


Au fur et à mesure de la montée, encore un fois pas difficile techniquement, le ciel se dégage à notre plus grand bonheur. 3h de montée ininterrompue, sans problème d'altitude ni pour Xesco ni pour moi, seule une petite fringale à déplorer et nous atteignons le fameux col à 5416m sous un vent glacial mais un ciel immaculé.
Derrière, il "suffit" alors de descendre 1800m dans des paysages complétement différents pour rejoindre Muktinath où nous fêteront cela avec nos désormais habituels joueurs de cartes.


Chacun ayant des plans et obligations diverses, on se sépare et je rejoins, en ayant un sacré panorama du Dhaulagiri, la ville de Jomsom traversée par la Kali Gandaki qui sera à la fois le fil conducteur de la seconde moitié du trek des Annapurnas et du Mustang.


Je crois que j'ai raté le chemin à un moment.

Nous sommes le 7 et nous partons pour le Mustang le 10, je suis arrivé largement dans les temps, sans une ampoule, j'en ai déjà pris plein les yeux mais l'appétit vient en mangeant!