Mon visa étant expiré, je n'ai pas le temps de rejoindre la frontière en vélo. Je reprends donc un bus jusqu'à Poipet, remonte le vélo qui sort de la soute en pièces détachées, au milieu d'un rond point et passe la frontière sans encombre.
Le contraste est saisissant, les routes blanches de gmaps, petites routes de campagnes au Cambodge sont ici de belles autoroutes. A se faire doubler en permanence par des camions, le plaisir sur la selle se fait forcément moindre. Je crois que de toutes façons j'ai ma dose et commence à ne penser plus qu'à une chose: atteindre Bangkok pour me débarrasser de mon compagnon à deux roues.
J'y arrive en 3 jours en passant 2 nuits dans des petites auberges pas loin de la route, en repérant "wi-fi" seule inscription non traduisible en thai. Ce n'est pas la partie la plus touristique du pays.
Le 3eme jour je parviens à sortir un peu des grands axes routiers, je trouve une grosse statue de Ganseh et un peu d'entrain sur ma monture.
Arrivée à Chachengsao, je saute dans un train pour m'éviter une entrée dans la capitale que je redoute infernale.
Je me pose dans le premier dortoir dans une rue derrière Khao San Road, paradis pour les uns, enfer pour les autres.
(Les goûts locaux c'est pas de la gastronomie...)
Je ne garderai pas un souvenir impérissable de la ville. Moins de marchés et encore plus de trafic qu'à Phnom Penh qui fait plus que soutenir la comparaison.
Je prend un cours de cuisine (pour apprendre à faire du sticky rice), trouve tout de même un marché sympa, passe mon tour pour la visite du palais royal (en voyant la quantité de groupes à l'entrée) et lui préfère le wat pho et son Buddha couché.
Guillaume (gros pour les intimes) et Julie me font alors le plaisir de me rejoindre pour quelques jours. Je les cueille à la sortie de l'avion et leur fait passer un exam de maniement des baguettes, validé au rattrapage. Journée chargée dans la capitale puis prenons un train de nuit direction le sud et ses plages. Nous portons notre dévolue sur Railey Beach, un peu couru mais trouvons un peu de tranquillité et des bungalows tout confort à Tonsai, juste à côté. Repère d'amateurs d'escalade, du fait des magnifiques falaises calcaires tombant à pic dans une eau turquoise à 30°C, le rythme et l'ambiance nous conviennent bien.
Alors que l'endroit ne devait être qu'un étape, nous y resterons toute une semaine. Un peu de repos bien mérité pour mes chers visiteurs après leur marathon Lyon/Railey en avion/train/taxi en passant par le tuk-tuk et long-tail boat puis nous pouvons apprécier le lieu et ses paysages à couper le souffle. De belles sessions snorkelling, plage, kayak et bateau vont cadencer nos journées avec des variantes aquarelles pour Julie et nettoyages des plaies causées par une traversée intempestive du plancher du suscité bungalow de luxe pour Guillaume.
Nous parvenons à voir quelques singes et autres varans en se baladant un peu. Ne manquez pas non plus la grimpette à la lagune incroyable, cachée au milieu des falaises au dessus de Railey et accessible après un joli parcours déconseillé aux porteurs de claquettes.
Le temps d'un dernier coconut curry et banana shake et il est déjà l'heure pour Guillaume et Julie de repartir direction Bangkok puis la France. Après cette semaine bien agréable, je me dirige quand à moi vers le parc national de Khao Sok. Un petit tour dans le parc dont la zone autorisé sans guide est assez limitée le jour même et je réserve un tour sur le lac voisin pour les 2 jours suivants. Long-tail pour rejoindre nos bungalows flottants, randonnée dans la forêt avec traversé d'une grotte qui se transforme presque en séance canyoning et observation de singes. Programme conséquent dans un endroit encore une fois incroyable où le temps semble comme suspendu.
Le retour au bercail commence sérieusement à se rapprocher mais j'ai tout de même encore le luxe de me pointer sur Kotao. L'île est certes assez peuplé et devait sérieusement ressembler au paradis il y a quelques années avant que chacune des baies ne soit systématiquement mariée à un resort, mais elle reste agréable. Elle est également reconnue comme un haut lieu de snorkelling et plongée sous-marine. L'occasion est trop belle et me voila chez french kiss divers pour trois jours de formation (en temps normal j'évite les repères franco-français mais je me dit qu'un instructeur francophone peut être utile pour bien comprendre les gestes et réflexes pour éviter de mourir la bas au fond).
L'expérience est géniale, l'ambiance dans le club est excellente, l'instructrice au top et les sensations vécues sous l'eau vraiment particulières.
Nous percevons bien vite l'addiction que ce monde sous-marin peut exercer et ne pouvons d'ailleurs pas faire autrement que poursuivre encore 2j supplémentaires avec mon binôme Jérôme. Descente à 30m, plongée de nuit, bancs de barracudas, raies, murènes, mérous... autant de sensations inoubliables malgré une visibilité limitée.
Nous complétons notre séjour sur l'île avec encore un peu de snorkelling, incroyable, avec tortues et requins en vedettes.
Je quitte Kotao avec, cette fois, plus qu'une poignée de jours devant moi qui ne me permettent plus de faire autre chose que de rejoindre Kuala Lumpur, ligne d'arrivée du périple.
Un bateau suivi d'encore une vingtaine d'heures de train me permettent d'arriver dans la capitale malaisienne. Je ferai un tour de quelques quartiers dont celui des fameuses tours Petronas, mon voisin de lit superposé Malaisien avec qui j'aurais quelques échanges bien sympathiques s'improvisant guide particulier.
Je profite avec déjà un peu de nostalgie de mes derniers instants de ce côté du globe. 6 mois tellement riche et intense, le Népal semble déjà tellement loin.
Un voyage qui m'aura changé à l'extérieur, Jésus n'avait été jusqu'alors un surnom réservé qu'à mes deux frères, mais surtout intérieurement. Il est toujours bon d'aller voir ailleurs, confronter nos valeurs, nos conditions de vie et de mettre en perspective nos problèmes avec ceux de personnes vivant de l'autre côté du globe, parfois dans la misère, parfois plus hospitalier que ce que nous ne serons jamais.
Je suis tout de même un peu circonspect concernant le futur proche de ces populations, parfois sans électricité ni eau potable, mais toujours avec smartphone dans la poche. On voit déjà les jeunes générations virées à l'écran comme nous pouvons l'être se prenant en pleine tronche tout ce qui se fait pire sur Youtube ou ailleurs.
J'espère avoir pu vous faire partager un peu ce voyage à distance, à bientôt tout le monde!