samedi 20 février 2016

Laos #3 3j en kayak pour rejoindre Luang Prabang

Apparemment on n'a pas assez de courbatures aux bras, c'est donc au tour de Tony Estanguet de se joindre à nous et on réserve un trip en kayak pour descendre jusqu'à Luang Prabang. Une agence nous a appâtée avec 3j sur une rivière plus riche en rapides et sensations que la Nam Ou, qui vient de se voir défigurée par un barrage en aval de Nong Khiaw.
Le matin du départ, changement de programme, l'agence nous annonce que finalement nous navigerons bien sur la Nam Ou et se cache derrière l'inexpérience d'un membre du groupe pour justifier sa décision. On est passablement énervé et pas motivé pour un sou à repasser un jour à pagayer sur un lac (mieux à partir du second jour à priori). Nous décidons tout de même d'y aller mais voila encore un bon exemple de pourquoi j'essaie toujours d'éviter d'avoir recours à ce genre de services.

Deux personnes des US et une Suédoise viennent compléter notre groupe. Comme prévu nous passons ce premier jour, au milieu de splendides dècors certes, mais pas intéressant au niveau glisse.
Nous passons la 1ere nuit chez l'habitant dans un petit village en bord de rivière. Un mariage a eu lieu dans la journée et la marche de tous les villageois est caractérisée par un léger déséquilibre.
Tous non puisque nous nous ferons convier par 3 hommes qui sont toujours à l'oeuvre, arrivés en retard à la célébration? Ils se feront un plaisir de nous faire déguster un breuvage pas très fort dans des jarres avec des grandes pailles de bambou.
Pendant ce temps, les gamins du village se font une pétanque-cailloux.
Le diner à l'homestay sera excellent avec champignons, pousses de bambous et une quantité gargantuesque de sticky rice.


Le 2nd jour commence avec le guide qui nous réveille et nous met la pression pour qu'on se prépare rapidement, nous suivons les ordres...avant d'attendre 1h que le pti-dej soit prêt.
Traversée de la rivière, chargement des canoés dans un tuk-tuk, contournement du barrage, lunch et peu après on attaquent les choses sérieuses. Après deux passages de rapides, tout le monde a eu le droit de goûter à l'eau (avec la chaleur on en est plutôt content d'ailleurs). A croire que les consignes du guide d'une pédagogie extrème (careful, follow me) sont un peu juste. Il commence à faire la gueule, nous ça nous fait plutôt marrer et au moins on a plus de sensations que la veille.
On rigole un peu moins peu après quand, après un nouveau flip-over avec Julia, on se retrouve bien en arrière du groupe avec un canoé qui prend l'eau dangereusement.
On rejoint le groupe tant bien que mal en allégeant le bateau et on s'arrête au milieu de rien sur une petite île. Le guide retourne le canoé et nous découvrons une belle fissure sous la coque. Il est d'une humeur massacrante et en voyant le soleil bien bas dans le ciel nous nous imaginons d'ores et déjà dormir dans un campement de fortune en plein coeur du lit de la rivière. S'engage une légendaire mission réparation sous ses ordres de "man, make fire"! En 30min le canoé est prêt à repartir après avoir bouché le trou avec un morceau de t-shirt puis étanché l'affaire en recouvrant la plaie avec du plastique fondu dans un style à faire pâlir Angus Mc Gyver.
En guise de punition on doit passer au 1er rang derrière le guide. Avec le retard accumulé on ne peut atteindre le village prévu, à la nuit tombante le guide trouve un gars qui pêche et 10min plus tard on se retrouve dans son salon. Dinner encore une fois excellent, et on se couche à 6 sur l'équivalent de 2 lits doubles. On déplore tout de même la perte dans u rapide de l'appareil photo waterproof de Martin, d'où un nombre limité d'images "on board".



3eme jour glacial, on évite à tout prix le retournement et l'hypothermie qui irait de paire. Les paysages sont toujours a couper le souffle, au pied de falaises tombant à pic et on fini par rejoindre le Mékong. On se sent tout petit dans nos insignifiantes embarcations, à la merci des caprices de ce fleuve majestueux et des longboats qui passent de tout côté.
Arrêt aux grottes de Pak Ou, piège à touriste ultime où quelques statues de Bouddhas semblent avoir été disposées la veille et lunch en bord de Mékong avec pour la 7eme fois de suite du sticky rice, dont on raffole de plus en plus.

Arrivée à Prabang sous un temps toujours dégueulasse. Nous décidons de rester tous les 6 ensemble. On plaisante à la vue des lits gigantesques dans lesquels nous allons nous perdre et sommes à deux doigts de les mettre au sol pour que la transition ne soit pas trop brutale. Une belle expérience partagée avec un super groupe.

mardi 16 février 2016

Laos #2 De Muang Khua à Nong Khiaw, par voie fluviale

On décide de poursuivre ensemble et nous rejoignons Muang Khua depuis Luang Namtha. Le trajet en minibus durera 6h au lieu de 8h grâce au chauffeur mais ça sera amplement suffisant pour mes jambes qui en sortent à l'agonie.
Petite balade dans le village, complètement défiguré par le terrassement et l'agrandissement en cours de la route. Et oui, on est sur la voie Chine/Thailande et les chinois placent leurs pions. Baignade dans la Nam Ou et on trouve Viktor, belge arrivant de russie/mongolie/chine pour jouer aux cartes.
Pas beaucoup d'autres choses à y faire mais l'idée était de venir pour atteindre Mong Ngoi, sur la Nam Ou par bâteau. C'est ce que nous faisons tous les 3 le lendemain.

Toutes les rivières au Laos suivent l'exemple du Mékong et coulent nord/sud. Quand on regarde une carte du Laos on se rend alors compte que le plus simple est de commencer au nord et de descendre en profitant des rivières.

Le voyage est génial, on slalome entre les rochers (saison sèche oblige) au milieu de décors tantôt dignes d'apocalypse now tantôt du seigneur des anneaux.


Arrivée à Mong Ngoi, déjà visité par Martin l'an passé et on va pouvoir profiter de tous ses bons souvenirs. View point, courge en curry d'enfer, buffet petit déj à volonté pour 3€ entre 7h et 9h (nous mettons le réveil et campons une table jusqu'à ne plus pouvoir) et partons pour 3j de marche dans les alentours...en se sentant un peu lourd de l'estomac.
On se fait héberger chez l'habitant à "Ban Poun" où chaque villageois ne possède pas grand chose hormis poules,chien,chat,cochon,canard,vache. On croirait que Noé vient de débarquer tous ses pensionnaires.
En faisant le tour on se fait convier à boire du Lao Lao, fameux tord boyau artisanal, équivalent du "tout venant" birman dégusté à Kengtung. S'en suit une séance d'apprentissage du Lao accéléré avec un voisin qui se fait une joie de nous enseigner le nom de tout ce qui lui passe devant les yeux.
Retour à la guest house, dîner omelette,noodle soup et sticky rice (qui deviendra notre drogue) après avoir bien rigolé avec les gamins.
Première nuit qui rapproche les corps et les esprits, écourtée à une heure plutôt matinale du fait de la basse cours qui nous entoure.


Nous atteignons "Huaibo" le second jour où nous avons le temps de nous adonner à une petite promenade dans rivière infestée de sangsues et cueillette de grapefruit avec une perche de bambou.

Après un épisode "on court après les buffles du patron pour essayer de les attraper et puis en fin de compte ils sont très bien là où ils sont pour passer la nuit (dans le champs du voisin), on teste au dîner la spécialité culinaire Laotienne, j'ai nommé le Laap. Viande hachée bien assaisonnée, pas bien complexe et pas mauvais.
On tente de ressortir les mots appris la veille et, quel échec, ce n'était pas du Lao mais du dialecte local... On retiendra quand même que "Rnip" signifie cuillère en Hmong.


Le 3ème jour n'est qu'un retour sur Maung Ngoi, que je ferai à l'aube grâce au coq voisin insupportable, afin d'arriver à temps pour profiter du breakfast buffet...

Au lieu de reprendre un bâteau pour la portion suivante de la Nam Ou, nous louons des canoés et atteignons Nong Khiauw en 3h. Expérience très sympa qui appelle à être renouvelée.
La ville est située dans un endroit génial et je m'étonne qu'elle ne soit pas plus envahie par la population "type Pai".
Nous resterons le temps de confirmer l'avis d'Anna et Hervé au sujet du resto chez Alex (un petit déj Lao farmer's breakfast aggrémenté d'une pancake chocolat/banane/coco ça vous cale bien correct, et d'apprécier une bonne adresse indienne dont le thali me donnera quelques pensées népalaises.

mercredi 10 février 2016

Laos #1 Luang Namtha en mode Julien Absalon

Le passage de la frontière entre Chiang Khong et Houeisai ne se fait malheureusement plus au moyen d'une barque, comme c'était encore le cas il y peu, mais via le friendship bridge quatrième du nom. Pas de bakchich à déplorer si ce n'est un shuttle bus obligatoire entre les deux postes étrangement distants de quelques encablures. Après un peu de patience et 30$ pour le visa on-arrival (dont le formulaire me fera tiquer quelques instants) je me retrouve dans le 4ème pays de mon parcours.

Je poursuis jusqu'à Luang Namtha dans la même journée (soulagé en arrivant à la gare routière de Houeisai d'arriver quelques minutes avant le dernier bus pour cette destination, 14h30) qui sera ma première étape au Laos.
Gros village ni très beau ni intéressant, de type far-west avec une grande artère principale qui concentre une grande partie de l'activité, je trouve une chambre en dortoir qui donne sur la rue sus-citée synonyme de quelques désagréments nocturnes.

Namtha est la principale base touristique Laotienne pour tout ce qui est trek/jungle/éthnies... J'aspire à autre chose et loue un VTT pour faire le tour des environs après avoir glané des itinéraires sensés m'occuper pour 2j. Des paysages qui deviendront les grands classiques, temples de même style que ceux aperçus en Thailande mais surtout, en mode bien plus confidentiel que de l'autre côté de la frontière. Je peux chercher un moment mais aucune trace du gang des minivans gris au pied des escaliers à côté de mon vélo.


En 4h j'ai épuisé l'ensemble des bons plans fournis, aussi le lendemain je décide de rejoindre Muang Sing, situé à 60km de Namtha.
On s'enfonce tout de suite dans la forêt du parc national de Nam Ha, les enfants sont tout content de me saluer, certains sortent en courant de leur maison pour me taper dans la main au passage.


Les km défilent par contre doucement, au 30ème km je fais une nouvelle pause et n'ai vu quasimment que de la montée jusqu'à présent. Je ferai les 30 suivant un peu plus vite quand peu après je me rend compte que le pneu avant est à plat. Je marche 2 bornes jusqu'à apprivoiser un gamin sur le bord de la route dont le père a une pompe. Ça tient 500m le temps de trouver un pick up qui m'amènera à destination.


A Muang Sing, un mécano tente de poser une rustine mais c'est un échec cuisant. Je pars au défi d'acheter une chambre à air que je ne relèverai qu'après avoir traversé la ville d'est en ouest, les chambres à air pour vélo de route ayant apparemment innondé le marché.

Muang Sing, pas non plus très passionnante, compte toutefois un marché assez important qui draine toutes les populations des alentours. J'y fais un tour au petit matin.


Puis remonte en selle pour explorer les environs, véritable intérêt de la région. Ça débute par une partie assez désagréable sur la route filant vers la frontière chinoise bien trafiquée, puis on se lance au hasard des pistes traversant alternativement villages de différentes éthnies et champs de bananiers.


Ce petit tour me prend bien quelques heures mais en retrouvant la route principale j'ai encore des jambes correctes. Je repars donc pour les 60km qui me sépare de Namtha. Première moitié de nouveau pentu dans le mauvais sens, je reconnais l'endroit où je suis passé de 2 à 4 roues la veille et enfin ça se met à descendre. Les dernières bornes ne sont qu'une formalité et après avoir rendu mon VTT au loueur, qui m'a cherché partout la veille ne me voyant pas revenir, je retrouve Martin rencontré en Thailande précédemment pour se partager un canard rôti au night market.


J'ai eu beaucoup de plaisir à aller rencontrer les populations avec ce moyen de locomotion, permettant d'interagir bien plus avec eux. Ça me fera voir d'un tout autre oeil les activitées du genre découverte des minorités éthniques proposées par les agences, sorte de sortie au zoo humain dont les échanges ne sont plus du tout spontanés.