vendredi 5 février 2016

Myanmar #7 Kengtung et la découverte des Akkas

Dernière étape au Myanmar, région de Kengtung ouverte aux étrangers depuis peu...mais pas la route pour y aller, détail que j'ignorais jusqu'au moment où je tente d'acheter un ticket de bus.
Je me retrouve donc à prendre un avion Heho/Kengtung. Aéroport assez comique, on attend tous dans une grande salle et au fur et à mesure des vols une hôtesse passe dans la pièce avec un panneau avec le numéro du vol pour nous appeler. Bon, il faut croire que j'ai choisi le low cost Birman, notre vol est à la bourre, personne pour nous renseigner et notre hôtesse sera sans le fameux panneau...bon moment de flottement avant de suivre finalement la foule.


De nombreuses éthnies différentes peuplent le district de Kengtung dont l'attrait principal est son marché central (et un grand arbre sur une colline). Les paysans et autres artisans descendent de leur montagne pour venir y vendre leurs produits. Chaque éthnie possédant des habits traditionnels différents, le marché est plein de couleurs et le grand jeu consiste à reconnaître telle ou telle minorité.


Le chauffeur de tuk-tuk m'ayant ammené de l'aéroport fait également guide et est originaire d'un village de la communauté Akkas à 1h de Kengtung. Plutôt que de retourner marcher à l'aveugle je me dit que ça peut être interessant.
Découvrir des minoritées éthniques c'est bien (encore que il faut voir comment), mais si on peut coupler ça à un peu de marche c'est encore mieux. La consigne donnée le matin est donc au moins 4h de marche pour relier les 4 villages au programme.
Par contre c'est pas un haut lieu touristique ici, la mission recherche de personnes supplémentaires pour faire baisser le coût du guide se révèle être un échec. Je me retrouve finalement derrière mon guide "Chanseing" ou M. Eric (trop la classe d'avoir un sobriquet occidental) sur son scooter à couper à travers rizières sur des pistes à peine carrossables (sans casque bien entendu).
On arrive au 1er village après qu'il m'ai annoncé avant la montée d'approche "c'est pas interessant de marcher ici, on marchera plus tard". Bon, pour moi dès que ça monte c'est intéressant donc ça ne me plait pas bien mais après tout c'est lui le guide et je lui laisse le bénéfice du doute (gros doute quand je le vois en sandales/jeans).

Plus de place au doute quand au bout d'une heure et demi nous sommes toujours dans le 1er village à se faire inviter à droite et à gauche à boire le thé (un peu) et l'alcool de riz maison (assez pour être fin connaisseur en fin de journèe).
Même si Eric connait tout le monde, ces invitations ne seront pas totalement désintéressées puisque nous distribuons à chaque arrêt shampoing,lessive,savons achetés le matin au marché.


Belle surprise au 2nd village (rejoint en 10min chrono) où nous tombons en pleine découpe du cochon tué le matin même. Nous resterons à midi pour un excellent repas partagé avec les hommes du villages. Sachant qu'ils mangent environ du cochon 3 fois par an j'essaierai de me retenir, tout le contraire de mon guide qui se baffre comme un goret. J'en apprend un peu sur le mode de vie et les coutumes, du genre les jeunes mariés ne dorment pas dans la maison familiale (mais dans une petite cabane à proximité) avant d'avoir le premier enfant où encore il y a encore une quinzaine d'années ils tuaient les jumeaux à la naissance car signe de malchance...
Je peux également apprécier de prêt les habits et coiffes que les femmes portent chaque jour aprés le mariage.


Pour les fans de Frank Dubosc:

En partant on se fait inviter le lendemain pour la fête du village avec une nouvelle liste de course...
On ira aux 2 derniers villages en scooter et il me sortira sérieusement que 2j plus tard il a une réservation mais que la personne ne veut pas marcher...

Dernière surprise du jour, en rentrant à Kengtung nous faisons un détour par des hotsprings qui se révèlent être des baignoires privatisables. Etape complétement impromptue, l'objectif est donc de ne pas chopper la mort en rentrant sur le scooter cheveux au vent après avoir utilisé son t-shirt en guise de serviette. 


Après pas mal d'hésitation, je donne tout de même suite à l'invitation le lendemain en me disant que ça peut être vraiment sympa. Donc rebelote après un nouveau tour au marché.
Et nouvelle surprise quand en arrivant au village on voit qu'il n'y a rien de prévu. Eric ne semble que peu surpris... Du coup bon diné avec les femmes cette fois vu que les hommes sont partis picoler à la fête forraine de Kengtung.
Bon moment avec un amateur de musique tout heureux de nous montrer son dernier achat.
Nous finissons la soirée nous aussi à la fête le temps de dégoûter une forraine avec ma chance insolente.


Je me suis bien fait prendre pour un pigeon (ce qui me fera bien réfléchir à deux fois à l'avenir avant de faire un truc du genre "à la rencontre des communautées éthniques") mais c'était quand même bien dépaysant et j'ai fait quelques rencontres sympas et intéressantes.
La conclusion étant tout de même que les chauffeurs de tuk-tuk par nature ne sont pas des grands randonneurs.

Demain, bus pour la frontière Thailandaise.
C'est la fin de mon parcours au Myanmar, 28j bien rempli. Enchanté par les gens agréables au possible, les enfants grands sourires et lançant des Mingalaba en nous voyant...
Au niveau paysages, temples, sunsets, j'en aurais pris plein la tronche tout le long, avec Bagan en point d'orgue.
Mauvaise note pour la nourriture par contre, on retrouve toujours le même goût ou plutôt l'absence de goût un peu partout.
Pays également encore un peu compliqué à visiter dès que l'on souhaite sortir des parcours des tours opérators. Compliqué de communiquer, gens pas habitués en sortant de 50ans de dictatures militaires, trajets/hotels/régions interdites aux étrangers...
Le pays risque de changer énormément dans les prochaines années, tout le monde attend des miracles de la part d' Aung San Suu Kyi, icône nationale récemment élue.
Le tourisme devrait s'en retrouver facilité et l'affluence va assuremment exploser rapidement, quelle en sera l'influence sur la population locale, son mode de vie, son accueil? Grande et pas uniquement dans le bon sens je le crains... 

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